Hommage à la femme, à la productrice de vivriers

Aujourd’hui, c‘est le 8 mars, et c’est la journée internationale de la femme.

Je choisis de célébrer cette catégorie de la population, qui pour la plupart n’est pas informée d’une telle célébration. Je choisis d’honorer ces femmes battantes, ces femmes qui se lèvent avant que ne survienne l’aube et se couchent tard, ces femmes productrices de vivriers.

Elles ont choisi de vivre et de côtoyer chaque jour le rural, malgré toutes les difficultés que ce monde revêt. Elles préfèrent le calme des champs aux sonorités citadines. Ces femmes, on les appelle souvent avec mépris « villageoises » ou « paysannes ». Pourtant, même très loin de la ville, elles sont omniprésentes, du moins, à travers le fruit de leur labeur, les produits vivriers locaux qui valent de l’or. Si elles n’existaient pas, la ville mourrait de faim, avec toutes ses richesses.

Dans mon pays, la Côte d’Ivoire, ces paysannes-là, travaillent sans relâche. Elles font partie de ces femmes qui s’activent comme l’ouragan pour s’offrir un mieux-être et participer au bien-être de leur famille. Parfois épouses, parfois mères, elles ne marquent une pause que lorsque les aubergines, les piments, les gombos, bref tous les condiments qu’elles ont pu mettre en terre, ont été récoltés et vendus.

Ce sont elles les principales pourvoyeuses de produits vivriers, cultivés sur de petites portions, qui alimentent toute la ville, sans animaux de trait et de bât, ni matériels motorisés. Avec seulement la daba et la machette, elles labourent la terre, pour en faire jaillir des fruits, légumes et tubercules prisés. De la lenteur de la daba, à la rapidité du matériel motorisé, elles sont conscientes qu’il y a tout un fossé. Elles savent qu’entre leur production bio et celle des grands exploitants extérieurs qui inondent le marché de leurs produits non bio, il y a toute la distance qui sépare les canons lourds et les mitrailleuses de l’arbalète d’autrefois.

Beaucoup continuent de croire que la production de ces laboureuses ne représente qu’une infime partie dans cette forte demande. Ces dernières comprennent, ainsi pourquoi ces experts qui viennent en appui au développement rural et qui débarquent très souvent avec une péroraison tout étudiée, ne s’intéressent qu’aux « grands agriculteurs ». Vous savez, ceux qui cultivent, le café ; le cacao, le palmier à huile, l’hévéa…  Ce sont eux les habitués et privilégiés aux conseils et aux préfinancements agricoles. Parait que ça rapporte gros ! Au pays et aux producteurs.

On encourage tout le monde à s’adonner à ces activités, pourtant, le problème, c’est que toutes ces cultures pérennes ne sont pas destinées à la consommation sans transformation industrielle. Et les gros sous que cela fait bénéficier, à quoi serviront-ils si pénurie il y a, ou s’il n’y a rien à manger ?

Parallèlement, aussi étonnant que cela puisse paraître, chaque jour des sensibilisations sont faites. Les gouvernants incitent les populations à « bien se nourrir », « à manger équilibré ». Pourtant, c’est dans des conditions pénibles que les productrices de produits vivriers évoluent. Elles le savent, donc, même en l’absence d’encadrement, ces  » laboureuses  » continuent de faire confiance à leurs bonnes vieilles méthodes pour défricher, déterminer la bonne saison et la meilleure semence. Ainsi, sans calendrier ni météo, elles essaient de maîtriser les saisons, comme la route de leur champ.

En attendant que son secteur d’activité soit valorisé

En attendant que les aides et autres contributions arrivent, elles continuent de se battre pour assurer la survie de cette population qui vit dans les villes, loin des aires champêtres. Parce qu’elles savent que même si leur portion est petite, si une goutte d’eau n’est rien, l’océan terrible n’est fait que de ces gouttes d’eau.

Honneur à toi femme, femme du paysage rural, femme productrice de vivriers. Bonne fête !

 

Une laboureuse, une femme du vivrier.

Une laboureuse, une femme du vivrier

Viva l’amore !

larissakouassi

Ivoirienne, Je suis de ceux qui croient au pouvoir des mots. Partageons les donc sans retenue.

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7 commentaires sur “Hommage à la femme, à la productrice de vivriers
  1. kouame ranzie dit :

    vraiment bien vu et bien dit . ces femmes méritent d’être célébrées. merci d’avoir penser à elles

  2. Benjamin dit :

    Très bel hommage pour cette angle originale que tu as abordé ma très chère à toi, je souhaite également une excellente fête…!

  3. aliks ndamany dit :

    merci pour ce bel hommage !

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